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Copertina - XLIII - n. 3 - Mai-Juin 2012

Pour l'église voulue par le Bienheureux Padre Pio je choisis de donner

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Article: UN AMI SPÉCIAL (ÉDITORIAL)

numéro: XLIII - n. 3 - Mai-Juin 2012

Par Fr. Mariano Di Vito, OFMCap.


Selon des indiscrétions plutôt précises et convaincantes, nous avions appris que le Saint- Père Jean-Paul II  aurait rendu visite aux Diocèses de notre région de la « Capitanata ».
Nous sommes en 1987, le procès canonique pour la béatification et canonisation de Padre Pio va de l’avant parmi les hauts et les bas. On a parfois l’impression de se trouver littéralement face à des obstacles insurmontables. Et pourtant, nous ne doutions pas un seul instant que le Saint-Père serait venu dans tous les cas sur le Promontoire du Gargano, à San Giovanni Rotondo, pour rendre visite à Padre Pio, en ami, même si, en qualité de Successeur de Pierre, comme un ami vraiment spécial !
Les attentes furent largement dépassées par les splendides et inimaginables journées de ce mois de mai 1987 : célébration de l’Eucharistie  au « Parc du Pape » (... comme on l’appelle encore aujourd’hui !), rencontre avec les frères capucins et les autorités dans le Sanctuaire de « Santa Maria delle Grazie », visite à l’hôpital  « Casa Sollievo della Sofferenza »,  aux malades et au personnel soignant, enthousiastes et émus dans leurs différents pavillons... et même une photo avec les frères capucins qui se pressaient autour de lui avec des chapelets à faire bénir ou pour lui serrer simplement la main... vraiment une fête. Belle, et je dirais même, unique !
Comment oublier la main du Pape appuyée sur la pierre froide de la Tombe de Padre Pio, comme pour la caresser, et son regard absorbé, comme pour demander à l’ami  et au          « vénéré Padre »  l’aide et la force pour le très haut service pour lequel il avait été appelé ?  J’y étais moi aussi, et je n’ai pas oublié...
Lui, le Pape venu de loin, comme du reste les Évêques et les fidèles de sa Pologne « semper fidelis » avaient vu dès le début en Padre Pio un point de repère sûr et une force spéciale dans les jours très durs de la dictature athée et communiste, qui, en vain, avait cherché à éteindre dans la société, dans les esprits et dans les cœurs la lumière de la foi.
Souverain Pontife et pèlerin, dévot et ami, enchaînement de souvenirs personnels et d’actualité concrète de l’histoire... : apparemment, toutes ces inconciliables dimensions se retrouvent à contre-jour dans son discours tenu en cet après-midi-là dans le Sanctuaire de « Santa Maria delle Grazie ». Après avoir indiqué en Padre Pio un modèle pour les prêtres, justement à cause de la centralité qu’eut dans sa vie la célébration de l’Eucharistie et de la Réconciliation, Jean-Paul II, presque avec l’esprit tourné vers son passé et à son lien personnel et intime avec Padre Pio, s’exprima ainsi :
« Je veux remercier le Seigneur avec vous pour nous avoir donné le cher Padre Pio, pour l’avoir donné, en ce siècle si tourmenté, à cette génération ».
Le « cher Padre Pio »..., celui qui parle est le Successeur de Pierre, avec l’autorité de son ministère et l’autorité d’un homme extraordinaire comme Karol Wojtyla. D’un autre côté, c’est incontestable l’immédiateté et la spontanéité du langage, qui enfonce profondément ses racines dans une syntonie spirituelle et dans une vision commune de l’histoire, déjà sauvée par le Sang du Christ, mais ayant besoin, de toutes façons, de s’ouvrir sans craintes à l’embrassade du Sauveur.
Jean-Paul II sera le Souverain Pontife qui inscrira Padre Pio d’abord au registre des Bienheureux et, ensuite, dans celui des Saints et qui en plusieurs autres occasions a souligné la mission extraordinaire de témoin et prophète de notre saint confrère, dans le contexte de l’histoire contemporaine et récente, dramatiquement marquée d’idéologies et de pratiques qui, là où elles ne s’opposent pas ouvertement à Dieu et au transcendant, elles le considère néanmoins inutile, voire même nuisible.
« Faisons-le marcher ce Padre Pio. Faisons-le marcher ! ».  C’est par cette expression que le Saint-Père saluait le Ministre Général de l’Ordre des Frères Mineurs Capucins de l’époque, le fr. Flavio Roberto Carraro. Dans l’immédiat, il se référait peut-être au procès de Béatification qui, à ce moment-là, semblait s’être un peu ensablé. Dans ces colonnes, il m’est agréable de le lire comme une invitation, ou mieux, un ordre clair et fort, à mettre Padre Pio sur les routes de notre temps, pour qu’il puisse rencontrer ses frères et raconter encore une fois combien Dieu aime les hommes, en les encourageant à ne pas avoir peur et, avec confiance, à ouvrir les portes au Christ Seigneur.
Jean-Paul II, le Grand, le répète aussi à nous aujourd’hui, en rappelant sa visite à San Giovanni Rotondo en ce 23 mai 1987. C’est la consigne d’un grand Souverain Pontife, si cher à nous tous... et de Padre Pio, un ami spécial !

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