Article:
QUE RESTE-T-IL APRÈS LA TRANSLATION?
(ÉDITORIAL)
numéro:
XLI - n. 3 - Mai-Juin 2010
par fr. Francesco D. Colacelli
Nous avons vécu un autre ‘événement’, une journée en plus à inscrire désormais dans les livres d’histoire. Maintenant les réflecteurs se sont éteints. Les caméras des grandes chaînes de télévision ont repris leur chasse au nouveau scoop. Les fleuves d’encre sont en train de raconter de nouvelles histoires sur les pages des quotidiens ou des magazines.
Que reste-t-il, maintenant, à San Giovanni Rotondo, de la translation du corps de Padre Pio de la crypte du sanctuaire «Sainte-Marie-des-Grâces» à l’église inférieure dédiée au saint Capucin?
Sans doute, Padre Pio reste, lui qui continuera sa mission, qui intercédera pour la guérison spirituelle d’une humanité toujours plus malade d’une forme qui ronge la substance.
Il nous reste son invitation, laissée presque comme un testament, peu avant sa mort: «Je serai ici, parmi vous, plus qu’auparavant. Venez à ma tombe. Autrefois, pour me parler, vous deviez m’attendre. Maintenant, là, c’est moi qui vous attends. Venez à ma tombe et vous recevrez plus qu’auparavant».
Il nous reste un endroit qui rappelle, enchante et évangélise. L’église inférieure de Saint Pio de Pietrelcina, est devenue désormais, dès le soir du 19 avril, source d’attraction pour tous les dévots de Padre Pio. Ils le cherchent et ils le trouvent comme avant, seulement avec une plus grande facilité d’accès. Ils peuvent mieux s’approcher de lui. Ils peuvent même toucher l’urne qui garde son corps.
Mais ce n’est pas cela qui nous intéresse. Ce n’est pas pour cela que nous avons décidé le déplacement, nous, les Frères Mineurs Capucins, en pleine syntonie avec notre Archevêque; même si nous sommes conscients de blesser les sentiments nostalgiques de ceux qui s’attachent aux lieux plus qu’aux personnes.
En effet, nous voyons en Padre Pio non pas le thaumaturge ou l’intercesseur. Pour nous, les stigmates ou les autres ‘charismes’, dont le Seigneur l’a doué, sont importants uniquement pour accréditer ses paroles et l’exemple de sa vie. Ce qui nous intéresse c’est le message que notre saint confrère a laissé, à nous et à tout le monde. Un message qui coïncide avec la mission reçue du Christ: «Sanctifie-toi et sanctifie».
«Voilà sa première préoccupation, sa sollicitude sacerdotale et paternelle: que les personnes reviennent à Dieu, qu’elles puissent expérimenter sa miséricorde et, renouvelées intérieurement, redécouvrent la beauté et la joie d’être chrétiens, de vivre en communion avec Jésus, d’appartenir à son Église et pratiquer l’Évangile». C’est ce qu’a dit le Saint-Père pendant sa visite pastorale à San Giovanni Rotondo et ce que nous a rappelé notre Archevêque durant la permanence de l’urne dans l’église supérieure de Saint Pio de Pietrelcina.
Maintenant, après s’être sanctifié avec une existence cohérente avec l’Évangile, Padre Pio veut continuer à sanctifier et il invite tous ceux qui monteront sur le Gargano, comme il le faisait déjà sa vie durant, à adresser leurs regards, avant qu’à lui, au Christ et à son Évangile, merveilleusement représenté sur les mosaïques du père Marko Ivan Rupnik.
Tout passe. Seulement le Christ et l’exemple de ceux qui en sont témoins restent. En vie et après la mort.
Permettez-moi, à la fin de cette réflexion, une note personnelle. Le 22 avril, mes confrères m’ont choisi comme leur ministre provincial. Conscient de mes limites humaines, j’ai accepté celle qui me semble être la volonté de Dieu. Au nom de l’affection née pendant les sept années passées avec vous, chers lecteurs, je me permets de vous demander une prière, afin que le Seigneur éclaire chaque action de mon nouveau service, pour le bien des âmes, des frères, et de l’entière Province capucine.
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